Démission de Tony Blair de son poste d'envoyé spécial du Quartet 

Depuis le 1er juin 2015, l'ancien premier ministre britannique Tony Blair n'est plus l'envoyé spécial du Quartet au Moyen-Orient (le Quartet est formé des États-Unis, de la Russie, de l'Union européenne et des Nations Unies). 

Sa mission était centrée sur la Palestine: il devait organiser l'aide internationale aux Palestiniens et promouvoir l'économie palestinienne. 

Ce qui est curieux, c'est qu'il est connu pour ses opinions pro-israéliennes, et on a de la peine à comprendre comment il a pu être choisi pour ce poste. Si la France nommait comme ambassadeur aux États-Unis une personne connue pour ses opinions pro-russes, cela serait certainement mal vu par Washington. C'est en gros ce qu'a fait le Quartet en nommant Blair à ce poste. En d'autres termes, le Quartet a dit aux Palestiniens: «nous choisissons pour vous aider l'un de vos adversaires les plus affichés». 

Ce qu'on peut se demander, c'est si la nomination de Blair était un faux pas — mais, dans ce cas, comment les diplomates du Quartet ont-ils pu commettre une erreur aussi insultante pour les Palestiniens ? — ou si c'était intentionnel.

En 2006, dans une conversation surprise entre Tony Blair et le président George Bush fils, conversation transcrite par la BBC (1), le premier ministre britannique disait ceci: «Eh bien... juste ce que je veux dire... tu sais. Si elle [Rice] a un..., ou si elle a besoin que le terrain soit préparé comme... Parce que évidemment si elle se lance elle doit réussir, si c'était comme ça, alors que je peux entrer en scène et juste parler» (Condoleezza Rice était la secrétaire d'État de Bush). 

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Jusqu'ici, le processus de paix tel qu'il s'est réellement déroulé s'est révélé être le contraire d'un processus de paix. Ce qu'on a vu se construire, c'est un processus indéfini de consolidation de l'état de conflit armé (occupation militaire). Quand on entend Blair dire qu'il pourrait se rendre sur place et «juste parler» dans le but d'éviter à Condoleezza Rice d'avoir à obtenir des résultats, on n'a pas l'impression qu'il souhaite aider à faire avancer les choses au Moyen-Orient.  

(1) BBC, «Transcript: Bush and Blair's unguarded chat», BBC News, http://news.bbc.co.uk/2/hi/5188258.stm, 18 juillet 2006.

http://pierrejaquet.com