Hillary Clinton, Israël et la Palestine

Le 21 mars 2016, dans une allocution devant l'AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), Hillary Clinton s'est positionnée à la droite de Donald Trump sur le conflit israélo-palestinien. Elle s'est déclarée clairement pro-Israël et pro-Netanyahu (1), cela «en montrant souvent une posture intransigeante» (2).

L'argument central de Clinton était la violence palestinienne: «Nous ne pouvons pas être neutres quand des roquettes pleuvent sur des quartiers résidentiels, quand des civils sont attaqués à coups de couteau dans la rue, quand des attentats suicides visent les innocents». 

On retrouve pour la énième fois l'idée que ce sont les Israéliens qui sont les victimes des Palestiniens. Or c'est le contraire qui est vrai (voir Les crimes commis en Palestine). Par exemple, la dernière guerre de Gaza a fait 3 morts parmi les civils israéliens et 759 parmi les civils palestiniens, dont des centaines de femmes et d'enfants (chiffres de l'ONG israélienne B'Tselem). 

Cela veut dire que 99,6 % des civils tués étaient palestiniens et 0,4 % israéliens. Que, dans ces conditions, Clinton dise qu'on ne peut pas être neutre, on le conçoit. C'est le côté qu'elle choisit qui est difficile à comprendre.

Par contre, on retrouve aussi un point clé du combat idéologique. Selon Paul Waldman, un journaliste américain juif, ce combat tourne mal : «Aujourd'hui, beaucoup de républicains ne prétendent même plus que les Palestiniens méritent l'autodétermination, ou tout autre droit. Demandez-leurs ce qu'ils pensent de la solution des deux États, et ils vont juste parler de ce que les Palestiniens sont des terroristes» (3).

Bien entendu, en l'absence de cet argument, le camp anti-Palestine en trouverait d'autres, mais ce n'est pas une raison pour leur en offrir un sur un plateau : qui peut approuver le meurtre de civils ? Les Palestiniens qui prennent pour cibles des civils israéliens font le jeu de leurs ennemis. 

Au delà du cas Clinton, il faut rappeler que presque tous les dirigeants américains se disent très pro-Israël. Paul Waldman : «Il n'en reste pas moins que la chose que nous avons qui ressemble le plus à un débat au sujet d'Israël, notamment dans une campagne présidentielle, est de discuter quel candidat est plus purement "pro-Israël"» (4). 

(1) Liz Kreutz, Ali Dukakis, «Hillary Clinton Slams Donald Trump Over Israel-Palestine», ABC News, 21 mars 2016.
(2) Philip Weiss, «Trump 'has no business being president' because he would be 'neutral' to Israel — Clinton tells AIPAC», Mondoweiss, 21 mars 2016.
(3) Paul Waldman, «Hillary Clinton gets to Donald Trump's right on Israel», The Washington Post, 21 mars 2016.
(4) Ibid.

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