John Kerry et l'occupation de la Palestine

John Kerry n'est plus que pour quelques jours le secrétaire d'État des États-Unis (le ministre des Affaires étrangères) et il se sent apparemment plus libre de dire ce qu'il pense. C'est ainsi que, le 28 décembre 2016, il a prononcé à Washington une allocution sur le conflit israélo-palestinien dans laquelle il a présenté ce qu'il appelle des «francs commentaires» (candid thoughts) sur la situation au Moyen-Orient (1).

Il a notamment dit que «la solution des deux États est le seul moyen de parvenir à une paix juste et durable entre les Israéliens et les Palestiniens. C'est le seul moyen de garantir l'avenir d'Israël en tant que qu'État juif et démocratique. C'est le seul moyen de garantir un futur de paix et de dignité pour le peuple palestinien». 

Il a ajouté, et c'est un point essentiel, que «l'alternative qui devient rapidement la réalité sur le terrain n'est dans l'intérêt de personne — ni des Israéliens, ni des Palestiniens, ni de la région, ni des États-Unis». 

Et, effectivement, la politique israélienne en Palestine nourrit le ressentiment et l'hostilité chez les Palestiniens, mais aussi dans les populations de beaucoup de pays. La solution des deux États permettrait aux Palestiniens de vivre enfin une vie normale, sans occupation militaire, sans arrestations arbitraires, sans destructions de maisons, etc., mais elle désarmerait également les tensions internationales.

Le général Moshe Dayan disait que les Israéliens ont le choix entre la Cisjordanie sans la paix et la paix sans la Cisjordanie (2). La seconde option est évidemment bonne pour les Palestiniens, mais, selon moi, elle l'est aussi pour la population israélienne.

(1) «Text of U.S. Secretary of State John Kerry's speech on Middle East peace», http://fingfx.thomsonreuters.com/gfx/rngs/USA-KERRY/0100315X2M7/KERRY.pdf, Thomson Reuters, accès le 30 décembre 2016.
(2)
Pierre Jaquet, L'État palestinien face à l'impuissance internationale, L'Harmattan, Paris, 2013, p. 92.

http://pierrejaquet.com