John Kerry prend Israël à partie

À un forum israélo-américain tenu à New York le 4 décembre 2016, le secrétaire d'État John Kerry a accusé le gouvernement israélien de contrecarrer les efforts de paix. En soi, ce n'est pas une nouvelle surprenante et le premier ministre Netanyahu l'avait lui-même admis en 2001 (voir Binyamin Netanyahu affirme avoir saboté le processus de paix), mais il est très rare que ce genre de critiques provienne du gouvernement des États-Unis.

En particulier, Kerry a affirmé que plus de la moitié des ministres du gouvernement israélien actuel «ont déclaré officiellement qu'ils s'opposaient à un État palestinien et qu'il n'y aurait pas d'État palestinien» (1), jugeant ces déclarations «profondément dérangeantes» (2).

Il est allé jusqu'à déclarer que le placement des implantation était délibéré et que les responsables israéliens «disposent stratégiquement les avant-postes et les colonies à des endroits qui font qu'il n'y aura pas d'État palestinien d'un seul tenant» (3).

Est-ce que cela montre un infléchissement de la position des États-Unis au sujet de la Palestine ? Probablement pas. 

D'une part, les États-Unis viennent de signer un accord d'aide militaire à Israël sur dix ans d'un montant record: 38 milliards de dollars. Les paroles vont dans un sens et les actes dans l'autre. 

D'autre part, la loi oblige pratiquement le gouvernement des États-Unis à bloquer tout projet de résolution du Conseil de sécurité qui irait dans le sens d'un retrait israélien des territoires occupés (voir Le United States–Israel Enhanced Security Cooperation Act).

(1) AFP, «In Harsh Terms, Kerry Says Israel Is Undermining Peace Efforts», The New York Times, 4 décembre 2016.
(2) AFP, «Kerry accuses Israeli right of sabotaging peace process», RFI, 5 décembre 2016.
(3) Carol Morello, «Kerry assails Israel over West Bank, warns of heading toward 'a place of danger'», The Washington Post, 4 décembre 2016.

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