Le droit des Palestiniens à la résistance

La guerre est interdite par le droit international et c'est le thème central de la Charte des Nations Unies, qui déclare solennellement vouloir «préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l'espace d'une vie humaine a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances» (préambule) et qui interdit l'emploi de la force dans les relations internationales (art. 2.4). Or le conflit israélo-palestinien est international au sens de la Charte puisqu'il oppose un État membre des Nations Unies et un État observateur.

Ce point n'est guère contesté que par les États-Unis. En Israël, la Cour suprême a relevé dans l'affaire Beit Sourik que l'autorité des occupants «découle des provisions du droit international public relatif à l'occupation belligérente» (§ 23). Admettre que c'est le droit international qui s'applique revient ipso facto à reconnaître que la Palestine est un État.

L'interdiction de la guerre entraîne par définition l'interdiction de l'annexion de territoires au moyen de la guerre. Or une occupation militaire qui dure indéfiniment se transforme en une annexion de fait. Dans cette situation, les Palestiniens ont le droit de résister à condition, bien entendu, qu'ils se conforment aux lois et coutumes de la guerre. 

Le droit à la résistance des Palestiniens a été reconnu dans plusieurs textes, notamment la résolution 2648 (XXV) de 1970 de l'Assemblée générale des Nations Unies, qui a considéré qu'une occupation non justifiée «constitue une violation flagrante de la Charte» (§ 4) et affirmé «la légitimité de la lutte que mènent les peuples assujettis à une domination coloniale et étrangère et auxquels on a reconnu le droit à disposer d'eux-même pour recouvrer ce droit par tous les moyens dont ils disposent» (§ 1). Le texte cite nommément la Palestine parmi les pays concernés (§ 5).

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