Le racisme du président Trump

Le 27 janvier 2017, le président Trump a signé une ordonnance qui interdit l'entrée aux États-Unis aux citoyens de sept pays : Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yemen. Cela inclut les personnes qui habitent aux États-Unis et en sont momentanément sortis pour des vacances ou d'autres raisons, ce qui veut dire que des gens se trouvent soudainement dans l'impossibilité de revenir dans leur famille.

Trump présente cette mesure comme une mesure de protection contre les terroristes islamistes, mais il n'a pas expliqué en quoi elle avait un sens sachant que les citoyens de ces pays sont les premières victimes de Daesh et des organisations de ce type. Selon le journal israélien Haaretz, la politique anti-musulmans de Trump «aidera la propagande anti-américaine plus que la sécurité nationale des États-Unis» (1).

Le président américain n'a pas expliqué non plus pourquoi, par exemple, l'Arabie saoudite ne figure pas dans la liste noire alors que la majorité des auteurs de l'attentat du 11 septembre 2001 contre le World Trade Centre de New York étaient saoudiens. Ce tri au premier abord irrationnel aurait-il un rapport avec les intérêts économiques que lui et ses amis ont avec les uns et pas avec les autres ?

D'un point de vue juridique, il semble clair que l'ordonnance viole le droit, en particulier une loi fédérale, l'Immigration and Nationality Act de 1965, qui prévoit que, en principe, «aucune personne n'obtiendra un traitement préférentiel ou prioritaire ou sera victime de discrimination lors de la délivrance d'un visa à cause de sa race, de son sexe, ou de son lieu de naissance ou de résidence» (sec. 202.a.1.A).

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De plus, la discrimination constitue une violation du droit international, et elle concerne un droit fondamental particulièrement sensible car il est né de l'extermination par les nazis de 16 à 18 millions de personnes, dont 5 à 6 millions de juifs et 11 à 12 millions d'autres groupes humains (slaves, handicapés mentaux, tsiganes, etc.). 

Le droit conventionnel prohibe la discrimination (voir L'interdiction de la discrimination), mais c'est aussi une règle de droit international coutumier, ce qui veut dire que tous les États doivent la respecter, sauf ceux qui s'y opposent de manière répétée, ce qui n'est pas le cas des États-Unis. 

Dès le mois de décembre 2016, les dirigeants israéliens ont manifesté leur désaccord face au racisme du futur président américain. Le premier ministre Binyamin Netanyahu a même blâmé Trump publiquement en déclarant que l'État d'Israël respecte toutes les religions (2). 

On voit rarement Netanyahu se placer du côté des modérés, et il y a de quoi être préoccupé : la première puissance militaire du monde est dorénavant dirigée par un homme qui se situe politiquement si à droite qu'il fait apparaître Binyamin Netanyahu comme une personne pondérée.

(1) Chemi Shalev, «Analysis: Netanyahu's anti-Jewish Support for Trump's anti-Muslim Decree», Haaretz, 29/1/2017.
(2) Herb Keinon, «Prime Minister Benjamin Netanyahu rejects Trump's remarks on Muslims», The Jerusalem Post, 9/12/2016.

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