Le groupe État islamique et la Palestine

Le général britannique Jonathan Shaw a accordé une interview au Sunday Telegraph dans laquelle il explique que la guerre contre l'organisation dite «État islamique en Irak et au Levant» risque d'être contre-productive (1). Pour lui, les victoires militaires peuvent aboutir à des succès tactiques momentanés, mais rien de plus. La seule méthode pour gagner contre eux est politique et idéologique.

Il pense que les États-Unis et leurs alliés répètent les mêmes erreurs qu'en Afghanistan et en Irak (2) et qu'ils sont tombés dans un piège tendu par les dirigeants de l'organisation État islamique, qui vont dépeindre les actions militaires occidentales comme une nouvelle croisade, c'est-à-dire une agression chrétienne contre l'Islam, avec l'objectif d'unir les pays musulmans contre l'Occident. Il dit : «J'ai juste l'impression affreuse que nous rendons les choses pires». 

D'éventuels succès militaires contre le groupe État islamique risquent aussi d'avoir pour résultat de disperser les militants de l'organisation et de conduire certains d'entre eux en Palestine. Cela pourrait aboutir au renforcement de l'aile radicale des mouvements palestiniens d'obédience sunnite avec des contrecoups imprévisibles sur la situation en Palestine.

Mise à jour, 26 décembre 2014 : la mission d'observation des Nations Unies dans le Golan a rapporté au Conseil de Sécurité que les forces armées israéliennes et l'opposition syrienne entretiennent des contacts réguliers (3). Avec quels groupes les Israéliens collaborent-ils et dans quel but, on ne le sait pas. 

(1) David Blair, «Gulf states must tackle monster they have fed», The Sunday Telegraph, 5 octobre 2014.
(2) Il n'est pas certain qu'il s'agissait réellement d'erreurs. Voir Pierre Jaquet,
États-Unis, Une politique étrangère criminelle, Alphée, 2010, pp. 277-279.
(3) Barak Ravid, «UN reveals Israeli links with Syrian rebels», Haaretz, 7 décembre 2014.

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